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Umbrella Corps : Le test | 27/06/2016 à 10:13

 


UMBRELLA CORPS : UNE EXPERIENCE SANS ADN


Umbrella Corps n’est pas à proprement parler un titre qui était attendu par les fans de la franchise Resident Evil. C’est le moins que l’on puisse dire…
D’ailleurs le titre ne porte pas cette appellation RESIDENT EVIL pour l’occident. Seul le Japon a voulu intégrer à Umbrella Corps, l’étiquette Biohazard (le nom de Resident Evil au Japon).

Jusque là rien d’anormal, car le titre, développé par Capcom Japan en interne sur moteur Unity, se devait d’être un concept de jeu de combat sympathique dans l’univers Resident Evil. James Vance et son équipe ont d’ailleurs usé de démonstrations régulières au Japon pour tenter de convaincre les joueurs et les fans. Biohazard France a été le seul site français à couvrir régulièrement l’état de son développement pour l’Europe.

Oui mais voilà, même avec un cahier des charges annoncé à l’avance et d’ailleurs bien respecté (de ce côté-là pas de surprise), Umbrella Corps se perd dans son identité.

Pour comprendre cela, il faut remonter l’historique du titre, d’abord annoncé comme épisode jouable en ligne en 3 contre 3 (pas de mode histoire, ni de mode solo) se séparant de l’histoire principale de la série, Capcom va ensuite opérer quelques jours plus tard une communication indiquant que le titre bénéficiera toutefois d’un mode solo (L’Expérience) avec un cadre canon pour l’histoire, se déroulant toutefois en parallèle de la série. Umbrella Corps se cherchait déjà…

 


1. L’Expérience

Analysons donc ce fameux mode solo, baptisé L’Expérience dans lequel vous incarnez un sujet mercenaire, voué à devenir de la chair à pâté pour B.O.W. (armes bio-organiques) sur des terrains d’opérations aussi variés, tel que le village de Resident Evil 4 (où quelques ganados ont survécu grâce à un stock de plagas diminués) ou les rues de Raccoon City et son légendaire commissariat reproduits à l’identique pour les besoins de cette expérience justement (pour un total de 24 missions).

   


Vos missions consistent à survivre dans ces environnements, évidemment hostiles, et à difficulté croissante, ce mode de jeu proposant un challenge intéressant allant de une à sept étoiles de galère.

Il est aussi censé être le passage indispensable pour comprendre toutes les mécaniques du gameplay incluant entre autre, le système de couvertures, les utilités des différentes armes mises à disposition et du Jammer-Z qui vous protègera des zombies et autres infectés mais pas des zombies mutants.

Ce mode offre un challenge plutôt relevé au fur et à mesure de votre progression (bon courage dans les niveaux 6 et 7) mais reste bien souvent frustrant et énervant. Combien de fois j’ai pu pester contre des corbeaux un peu trop attachés à me pourrir la partie tandis que je tentais de remplir mes obligations imposées dans les différentes missions. Les puits de respawn des ennemis (ces grosses flaques gluantes) sont aussi une plaie car bien souvent le jeu vous renvoie rapidement des ennemis qui vous prennent en traitre sans que vous puissiez voir le danger arriver derrière vous (surtout avec les cerberus).

   


Ces objectifs sont au nombre de trois : Collecte d’ADN (ou d’ADN spécial quand un nouveau B.O.W. est introduit dans l’histoire), Récupération de données UMBRELLA en mallette (au nombre de 5 par niveau) et Domination d’espaces donnés par l’activation de postes (également au nombre de 5 par niveau avec une durée de 10 secondes par poste à tenir la position).

Parfois uniques, tantôt additionnés, ces objectifs sont à réaliser dans des ordres qui diffèrent. Mais cela ne suffit pas à rompre la monotonie qui s’installe au fil des missions malgré quelques nouveaux ingrédients introduits comme la Collecte d’ADN spécial (sur le Bloodshot de Resident Evil 6 par exemple) ou l’utilsation du Jammer Z qui arrive bien tardivement. L’ajout à certains endroits de leçons bonus n’apporte pas grand chose non plus malheureusement.

   


De plus, le système de commandes n’est pas personnalisable et on se retrouve donc avec un système de protection à la Gears Of War, bien vieillissant de nos jours alors qu’il aurait juste fallu attribuer à la pression de la touche R3, l’accroupissement et l'allongement de votre joueur. Pareil pour son plaquage sur les structures en maintenant le stick vers le haut. Au lieu de ça, la formule retenue pour les commandes (les touches rond et croix) ne sont absolument pas naturelles et ralentissent considérablement votre progression et vous rend donc vulnérable surtout dans vos parties en ligne, on le verra par la suite.

Sur la vue TPS, là aussi, je ne comprends pas pourquoi Capcom ne s’est pas inspiré des phénoménales batailles en ligne du tout premier Lost Planet pour proposer en sus, une vue plus éloignée de votre personnage… Car cette vue à l’épaule (trop imposante à mon goût) gâche pas mal le champ de vision, ne permettant pas d’anticiper suffisamment la bonne stratégie à adopter, alors on passe le plus souvent en mode de tir FPS.

  


Côté ambiance, ça s’améliore et si le jeu est pétillant, il n’explose toutefois jamais. Je ne sais que penser du rendu inégal des environnements et des ennemis. Si le village et Kijuju sont plutôt réussis, la reproduction des rues de Raccoon City et de son commissariat me laissent froid…
Un comble pour un fan de la première heure comme moi… Idem pour les ennemis, j’ai largement préféré affronter les ganados et Majinis que les zombies et cerberus, peut-être à cause de ce système de jeu de tir où l’action se combine mieux avec des environnements et ennemis de jeux ayant pris ce parti en leur temps (avec RESIDENT EVIL 4 et 5).
Des bugs d’affichage récurrents sont aussi constatés et sont toujours regrettables pour un produit fini.

    


Pourtant, je ne sais pourquoi, j’ai bien accroché à cette «Expérience», les démembrements de parties de zombies (têtes et bras) confèrent à renforcer sensiblement l'horreur des combats que vous êtes obligés de mener pour votre survie en tant que cobaye. Mais encore une fois, il va falloir du courage et de l’abnégation dans certains niveaux et ne pas avoir peur de recommencer votre apprentissage car lorsque les 3 objectifs (collecte, récupération et domination) sont cumulatifs, échouer dans la troisième épreuve vous fera inévitablement reprendre à la première. Pas de checkpoint, du pur jeu à l’ancienne.
Des récompenses (bien maigres) sous forme de stickers vous seront décernées à la fin de chaque cycle renfermant un territoire (QG de Tricell, Village etc…).

  


2. En ligne

Umbrella Corps a presque tout misé sur son concept de jeu en ligne avec deux modes au programme :

Extermination en 3 rounds gagnants, en 3 Vs 3, et en 3 minutes chrono sans respawn.

Multi OPS : Idem, mais avec les règles qui changent entre les rounds (domination, collecte, récupération) et vous disposez du respawn illimité jusqu’à la fin des 3 minutes.

Vous pouvez choisir de vous affronter en partie classée (avec compatibilité sur le site residentevil.net), en partie publique sans classement ou en partie privée avec vos amis.

Vos points récoltés et votre montée en compétence de niveau vous aideront à débloquer un tas d’armes et accessoires (silencieux, lunettes...) ainsi que des stickers, écussons pour vos équipements sans oublier les I.C.O.N (émotes pour les attitudes et gestuelles).

Les parties étant très rapides, on se rend compte finalement que tout ce que le jeu a essayé de vous apprendre en mode solo, s’évapore lors des parties en ligne. Des loups solitaires, qui ne jurent que par le brainer viendront vous faire la peau en combat rapproché. Les zones de couvertures pourtant bien indiquées ne sont que peu utilisées et l’on joue plutôt de façon classique à découvert, avec du coup, la gâchette la plus rapide ou le plus rusé qui l’emporte.

Seule note positive lorsque vous mourrez en mode extermination, vous pouvez observer sur la carte la façon de jouer des meilleurs joueurs pour tenter de contrer leur tactique dans le prochain round.

A part ça, c’est évidemment bien bourrin et l’aspect tactique que l’on nous avait promis passe le plus souvent à la trappe !

    


En conclusion, si vous vous demandez ce que vaut Umbrella Corps, dites vous bien que c’est un jeu à petit budget, avec ses nombreux défauts mais aussi avec des environnements et des ennemis qui peuvent vous plaire, si vous êtes plutôt du genre tolérant, donc peu difficile. Le contenu est aussi un problème à ce prix, même si Capcom a d’ores et déjà promis des DLC complémentaires entièrement gratuits.

Capcom a tenu à offrir ce genre de cadeau aux fans pour l’année du 20ème anniversaire de RESIDENT EVIL… La leçon Opération Raccoon City n’aura donc pas été retenue.

La vraie survie en ligne se passe toujours du côté d'un concept à la Resident Evil Outbreak.
On ne désespère pas un jour que Capcom le comprendra.

NOTE : 5 /10
(Testé par Hunk)

Existe en version normale et DeLuxe sur PS4 et PC. Testé sur PS4.

 


Les plus :

Le mode Expérience à la difficulté croissante.
Des ennemis bien respectés.
Le gore est présent.
Les musiques.
Le cri glaçant du zombie mutant.
Le Z-Jammer
La possibilité d’intégrer ou non le bestiaire dans les parties en ligne.


Les moins :

Un gameplay dépassé.
Peu de contenu.
Pas assez de variété dans les B.O.W.
Pas de checkpoint pour les missions cumulatives.
Des décors inégaux.
Cartes trop petites.
Pas très beau.
Aucune cinématique.
Des documents faiblards.
Des corbeaux énervants.
Posté le 27/06/2016 à 10:13 par Ada dans Umbrella Corps