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Resident Evil : Infinite Darkness - La Critique | 10/07/2021 à 8:53



Resident Evil Infinite Darkness vient de paraître sur la plate-forme Netflix. Cette première saison d’une série Resident Evil est une première dans la saga et la question que tout le monde se pose est : est-ce une réussite ?

C’est un exercice difficile auquel je vais devoir me prêter maintenant, sachant qu’il faut rendre une critique sur une série qui n’en est pas une, car il faut bien avouer qu’Infinite Darkness a davantage la structure d’un film CG coupé en quatre parties. Alors certes, on y trouve à la fin de chaque épisode un cliffhanger d’usage mais c’est tout ce que ce titre a d’une série. D'ailleurs, comme toujours Netflix ne se mouille pas pour annoncer une saison 2, cela dépendra de l’accueil du public et du succès pour ce galop d’essai afin de décider si suite il y aura ou pas, mais la fin du quatrième épisode peut nous laisser présager d’une possible suite tout de même.

Bref, vous aurez compris toute la difficulté de rendre une critique sur une série qui n’en est pas une et de ne surtout pas comparer Resident Evil Infinite Darkness aux précédents films CG puisque ça n’en est pas un (de film).

Une fois que je vous ai dit ça, je peux vous introduire le scénario avant d’entrer dans le vif du sujet.

L’intrigue se déroule en 2006, un accès non autorisé sur un serveur local de la Maison Blanche compromet des secrets militaires du Pentagone. L'agent fédéral Leon S. Kennedy fait partie des intervenants pour enquêter sur cet incident, mais à son arrivée les lumières s'éteignent soudainement, laissant Leon et l'équipe chargée de la sécurité du président pris au piège avec comme menace directe des zombies. Pendant ce temps, Claire Redfield, membre de l’ONG TerraSave, mène une enquête dans un camp de réfugiés de l’ONU en République du Penamstan après avoir découvert le dessin étrange d'un enfant victime de la guerre civile qui s’est produite en 2000. Ce dessin lui rappelle l’incident de Raccoon City, la cité des morts. Ces deux invasions de zombies dans des pays éloignés vont finalement mener à des événements qui pourraient bien changer la destinée des Etats-Unis d’Amérique, voire du monde entier.



Pour être tout à fait transparent avec vous, je n’ai voulu rédiger ma critique qu’une fois les conseils d’Hiroyuki Kobayashi respectés. C'est-à-dire en visionnant 4 fois la série (en VF, en VF-STFR, en VO anglaise et en VO anglaise-STFR). Force est de constater que cela renforce la compréhension du scénario et vous aide à saisir les nuances et certains détails. Je vous préviens aussi de quelques spoilers inévitables qui viendront étayer cette critique. Donc si vous n’avez pas encore regardé Resident Evil Infinite Darkness sur Netflix, stoppez vous là.

C’est donc Eiichiro Hasumi qui s’y colle cette fois en tant que réalisateur, sous la houlette du producteur général (Hiroyasu Shinohara) et du producteur exécutif (Hiroyuki Kobayashi). Ils nous ont promis un drama à suspense, ça commence bien car l’objectif est rempli de ce côté là avec notamment une surprise de taille concernant l’un des personnages.

Le premier épisode sert sans surprise à planter le décor. Le second est le plus inspiré et le meilleur selon moi (enfin une scène mettant en scène des rats zombifiés ! De quoi quitter le navire !). Je croyais tenir à ce moment-là la pépite dont je rêvais. Manque de bol, la suite s’enlise dans un manque d’originalité propre aux codes de la série dite « classique » (un labo, un tyran, et un lance-roquette).
C’est ce que voulait Kobayashi, de toute façon.



En plus de cela des répétitions de scènes, même si elles sont prolongées pour nous éclairer de façon ponctuelle dans l’histoire, rognent littéralement sur le temps accordé par épisode, déjà pas folichon (28 minutes réduites à 22 en décomptant les génériques de début et de fin). J’aurais largement préféré que l’inspiration vienne de 2 courtes scènes de flashback en CG lorsque Leon et Claire évoquent tour à tour les incidents de Raccoon City. Au moins, le fan service aurait été assuré et aurait aidé à avaler la couleuvre. RATé !



Heureusement, le charisme de notre BG Leon et ses quelques répliques amusantes sont là pour nous rappeler que Capcom n’a pas tout oublié de ce fan service. Leon présente cependant cette fois une résistance humaine, il n’est plus la boule de chewing-gum rencontrée dans les films CG.



Quant à Claire, elle aurait mérité de prendre une part plus importante dans l’histoire car en l’état elle ne sert pas à grand-chose. Ajouté à cela des passages qui ne sont pas développés, comme par exemple l’arrivée des personnages à Shangai après l’expulsion de la capsule de sauvetage (la Chine n’est pas capable de repérer un îlot flottant ?), ou la filature de Shenmei par Leon depuis Shangai jusqu’à la propriété familiale, ça manque de fond.



Mais le plus dérangeant dans le scénario selon moi c’est le manque de clarté sur le virus qui sévit dans Infinite Darkness. Si le virus T est évoqué, un laboratoire d'analyses doit encore le confirmer et Leon en parle au conditionnel (épisode 1), et malheureusement aucun retour ne peut clairement affirmer sa présence au cours des quatre épisodes. De plus, lorsque Wilson (le Secrétaire à la Défense) menace Claire de lui injecter le virus dans le labo souterrain à la fin, il n'évoque pas le nom du virus en question. La question reste posée, donc.

Reste que les plans cinématographiques choisis par le réalisateur sont très réussis, que la CG est ici d’excellente facture. Et si l’on excepte ici et là quelques ratés sur certaines animations de personnages, elle me semble être la meilleure produite pour les réalisations Resident Evil à ce jour. La bande musicale de Yugo Kanno est fabuleuse ! J'ai hâte de découvrir la B.O. intégrale des 29 titres qui sortira en septembre au Japon.

Un mot sur l’incarnation des rôles des personnages en langue française (les acteurs n’aiment pas l’utilisation du terme « doubleur »), elle est ma foi très réussie, même si des nuances avec la V.O. anglaise ont été remarquées à plusieurs reprises. Les sous-titres FR sur la VF ne respectent pas le mot à mot. Alors même si parfois, on peut être amené à raccourcir la traduction pour coller au débit, là, ça n’est pas justifié à de nombreux endroits.

Conclusion : Resident Evil Infinite Darkness se laisse regarder en soirée avec des pop-corn, ça passe vite et bien pour les moins exigeants, trop vite et avec une bonne dose de déception pour de nombreux fans de la saga.

Note : 6/10

Plus loin : Interview Famitsu, Interview IGN Japon