La critique d'Ada 2/2

Décors

Contrairement à ce que j'imaginais au vu des trailers, les événements du film ne se déroulent pas uniquement dans l'aéroport. Il y aurait pourtant eu matière à cantonner le film dans ce lieu unique, en raison de la vaste étendue de l'endroit et des différents types de locaux à explorer, et il aurait été possible de jouer davantage la carte du confinement.

Mais il n'en est rien : c'est vers d'autres lieux que se dirigeront les personnages dans un second temps, une fois l'incident de l'aéroport résolu. Cela permet de s'en mettre plein les mirettes avec quelques belles prises de vue aériennes sur ces autres décors, avec pas mal d'extérieurs, et également des intérieurs qui peuvent rappeler les jeux mais aussi les films Resident Evil d'Anderson.

Aspect visuel et animation

Claire et Leon sont peu ressemblants, dans les traits, à leurs précédentes modélisations.

La chevelure de Leon est toujours aussi fournie, une chevelure dense complètement irréaliste pour un occidental. C'était moins flagrant dans Resident Evil 4, tout de même. Quant à Claire, hormis la coiffure et les yeux, les traits de son visage sont méconnaissables en comparaison avec sa modélisation dans Code : Veronica.

Ceci n'est pas une grande surprise, les évolutions dans les traits des personnages étant chose courante à chaque changement de support matériel, il est toutefois regrettable que leurs traits ne soient pas plus harmonieux, surtout en ce qui concerne Leon, dont le visage est plutôt raté.

En comparaison avec Resident Evil 5 où le grain de peau des personnages est beaucoup plus travaillé, les visages dans Degeneration manquent de détail et sont un peu trop lisses. Les yeux sont toutefois plutôt réussis dans les couleurs et les détails.

La chevelure d'Angela Miller, membre du SRT, est beaucoup plus réussie que celle de Claire, par exemple, dont le tombé de la queue de cheval rend peu naturel.

La différence de soin dans la motion capture entre les personnages secondaires et les personnages principaux est visible, les mouvements de ces derniers sont beaucoup plus fluides et naturels.

Même si quelques petits détails ne sont pas du plus bel effet, comme les gros pieds de Claire, ou encore la démarche de certains personnages, considérant le budget restreint alloué au film et le peu de temps consacré à la production, l'aspect visuel et les mouvements des personnages sont plutôt honorables dans l'ensemble.

Les décors et bâtiments du film sont quant à eux bien réalisés et apportent une touche d'immensité qui rappelle le premier Resident Evil d'Anderson, Resident Evil : The Umbrella Chronicles et dans une moindre mesure, Resident Evil Outbreak.

Doublages

C'est avec plaisir que nous retrouvons dans la version originale, Paul Mercier (Resident Evil 4) et Alyson Court (Resident Evil 2, Resident Evil Code : Veronica), qui reprennent du service pour prêter respectivement leurs voix à Leon et Claire.

Pour une oreille non anglophone, les doublages sont corrects, et collent bien aux personnages.

Conclusion

Quel que soit le point de vue d'où l'on se place, cinéphile "lambda" ou aficionado de la série des Resident Evil, ce Degeneration peine à convaincre.

Souffrant d'une absence d'ambiance, d'un scénario simpliste et d'une mise en scène peu recherchée rassemblant les clichés du cinéma américain et des dramas asiatiques, le film est difficile à prendre au sérieux.

Les accros à la série que nous sommes le regarderons évidemment avec davantage d'indulgence et parviendrons à le suivre avec curiosité, pour le plaisir de découvrir une nouvelle aventure mettant en scène des personnages que nous connaissons bien, et surtout de pouvoir grappiller quelques informations sur l'évolution de l'intrigue globale de la série entre Resident Evil 4 et Resident Evil 5, car c'est là que réside finalement le point le plus intéressant du film.

Même si ce premier essai de long-métrage en images de synthèse souffre de nombreux défauts, il n'y a plus qu'à souhaiter que Capcom tire leçon de ses erreurs, notamment scénaristiques, et récidive plus tard, avec un second film de meilleure facture.

© Ada et © Hunk pour Biohazard France, 2008.